Description du poste
ALIMA est présente au Tchad depuis 2012. ALIMA possède une grande expérience dans la nutrition, la santé materno-infantile ou encore la santé sexuelle et reproductive.
THÉMATIQUES D’INTERVENTION
Nutrition, Recherche et innovation, Santé maternelle et infantile, Épidémies, Médecine adulte, Formation
Contexte humanitaire
Entre janvier et septembre 2025, la situation humanitaire au Tchad est restée critique, marquée par la convergence de crises nutritionnelles, sanitaires, climatiques et liées aux flux de population. Le Plan de Réponse Humanitaire 2025 visait à atteindre 5,5 millions de personnes vulnérables, mais la suspension des financements américains et la réduction de 43 % du budget humanitaire n’ont permis de couvrir qu’environ 2,8 millions de personnes. La crise soudanaise a accentué les pressions à l’Est du pays, avec l’arrivée hebdomadaire de plus de 10 000 réfugiés et la mise en place par le HCR d’une stratégie de « villagisation ».
Contexte socio-économique
Entre janvier et septembre 2025, le Tchad a été confronté à une situation socio-économique particulièrement difficile, caractérisée par une pauvreté chronique aggravée par les effets cumulés des conflits, de l’insécurité et des aléas climatiques. La flambée des prix des denrées de première nécessité (huile, riz, farine) et la pénurie persistante de carburant, d’électricité et de gaz ont paralysé l’économie, affectant directement les moyens de subsistance et les opérations humanitaires. Les mouvements de grèves dans plusieurs secteurs et l’expropriation foncière pour intérêts privés, notamment dans les zones surpeuplées et les Zones Économiques Spéciales, ont accentué la vulnérabilité des populations. Sur le plan politique, le climat reste tendu, marqué par la condamnation de l’ancien Premier ministre Succès Masra, la déchéance de nationalité de deux activistes et une crise diplomatique avec le Soudan.
Contexte médical/épidémiologique
Entre janvier et septembre 2025, le contexte médical et épidémiologique au Tchad est resté préoccupant, caractérisé par une forte mortalité maternelle et infantile, des épidémies récurrentes et une situation nutritionnelle alarmante. Le taux de mortalité maternelle demeure parmi les plus élevés au monde (860 décès pour 100 000 naissances vivantes), accentué par un accès limité aux soins d’urgence, une faible couverture prénatale, des accouchements en milieu médicalisé insuffisants et un déficit en personnel de santé qualifié. Sur le plan épidémiologique, le pays a enregistré des flambées de rougeole (4 800 cas confirmés, 14 décès), diphtérie (4 130 cas, 39 décès), méningite (501 cas confirmés, létalité 9,98 %), poliomyélite (25 cVDPV2), ainsi que la déclaration d’une épidémie de choléra le 24 juillet touchant 2 341 cas, avec une létalité de 5,94 % principalement dans le district de Chokoyan et Hadjer Hadid. Sur le plan nutritionnel, la prévalence nationale de malnutrition aiguë globale (MAG) atteint 10,8 % et celle de la malnutrition aiguë sévère (MAS) 2,1 %, avec 496 499 enfants et 270 551 femmes enceintes/allaitantes touché. Plus de 3,7 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 11 % en phase d’urgence. La couverture vaccinale reste insuffisante (BCG 92,3 %, Penta3 66,6 %, VAR1 63,3 %), et les services de prévention sont fragilisés, malgré l’introduction du rotavirus, du PCV et le déploiement du vaccin antipaludique R21. Enfin, les chocs climatiques et les aléas environnementaux (inondations, sécheresses) continuent de compliquer l’accès aux soins et aggravent la vulnérabilité des populations.