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Somalie : plus de 60 % des jeunes exclus de l’emploi et de la formation en 2025
En Somalie, plus de 60 % des jeunes de 15 à 34 ans étaient sans emploi, sans études ni formation en 2025. Analyse des causes, chiffres clés et enjeux économiques.

En 2025, la Somalie fait face à une crise majeure de l’emploi des jeunes. Plus de 60 % des 15–34 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce phénomène, connu sous l’acronyme NEET (Not in Employment, Education or Training), révèle une situation préoccupante pour un pays dont la population est majoritairement jeune.
Derrière ce chiffre, c’est tout un enjeu de développement économique, de stabilité sociale et d’avenir démographique qui se joue.
Un pays jeune confronté à une exclusion massive
La Somalie est l’un des pays les plus jeunes du monde, avec un âge médian d’environ 18 ans. Cette dynamique démographique pourrait représenter un formidable levier de croissance, ce que les économistes appellent le “dividende démographique”.
Mais lorsque plus de six jeunes sur dix sont exclus du système éducatif et du marché du travail, ce potentiel se transforme en risque structurel.
Le taux de chômage des 15–24 ans est estimé à environ 34 %, un chiffre déjà élevé. Mais l’indicateur NEET est encore plus révélateur : il inclut non seulement les jeunes au chômage, mais aussi ceux qui ne cherchent plus d’emploi et ceux qui ne suivent aucune formation.
Pourquoi autant de jeunes somaliens sont-ils NEET ?
1. Un marché du travail largement informel
L’économie somalienne repose en grande partie sur le secteur informel. Les emplois stables, déclarés et protégés sont rares. Cette réalité limite fortement les perspectives professionnelles pour les jeunes entrants sur le marché du travail.
Sans tissu industriel solide ni secteur privé structuré, l’absorption de la main-d’œuvre reste insuffisante.
2. Un système éducatif fragilisé
Des décennies de conflit et d’instabilité politique ont affaibli les infrastructures éducatives. L’accès à une éducation de qualité reste inégal, notamment en zone rurale.
Les formations techniques et professionnelles (TVET) sont encore peu développées et insuffisamment connectées aux besoins réels de l’économie locale. Résultat : un décalage important entre les compétences acquises et les opportunités disponibles.
3. Une instabilité persistante
La Somalie continue de faire face à des défis sécuritaires et institutionnels majeurs. L’insécurité limite les investissements, freine la création d’emplois et complique la mise en place de politiques publiques ambitieuses en matière d’éducation et d’emploi.
Les conséquences économiques et sociales
Un taux élevé de jeunes NEET a des effets multiples :
Frein à la croissance économique
Augmentation des inégalités sociales
Risque accru de pauvreté chronique
Fragilisation de la cohésion sociale
Perte de capital humain
Dans un pays où la majorité de la population est jeune, cette exclusion massive représente une perte considérable de productivité et d’innovation.
Des initiatives pour inverser la tendance
Face à cette situation, des programmes nationaux et internationaux ont été lancés pour améliorer l’employabilité des jeunes.
Parmi eux, des projets soutenus par des partenaires internationaux visent à :
Développer la formation professionnelle
Soutenir l’entrepreneuriat des jeunes
Favoriser l’insertion des femmes sur le marché du travail
Créer des milliers d’emplois d’ici la fin de la décennie
Certains programmes ambitionnent la création d’environ 28 000 emplois d’ici 2029, avec une attention particulière portée à l’inclusion des jeunes femmes.
Ces initiatives restent toutefois confrontées à un défi d’ampleur : le nombre de jeunes entrant chaque année sur le marché du travail dépasse largement les capacités actuelles de création d’emplois.
Quel avenir pour la jeunesse en Somalie ?
La situation des jeunes en Somalie en 2025 pose une question centrale : le pays parviendra-t-il à transformer sa jeunesse en moteur de développement plutôt qu’en génération marginalisée ?
L’enjeu dépasse la simple statistique. Il concerne la stabilité politique, la sécurité, l’économie et la capacité du pays à construire un avenir durable.
Pour inverser la tendance, plusieurs leviers apparaissent essentiels :
Investir massivement dans l’éducation de base
Structurer la formation technique et professionnelle
Encourager l’investissement privé
Renforcer la stabilité institutionnelle
Soutenir l’entrepreneuriat local
La crise des jeunes NEET en Somalie n’est pas seulement un indicateur économique. C’est un signal stratégique pour toute la région de la Corne de l’Afrique.