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MansA : la Maison des mondes africains ouvre à Paris pour célébrer la parole afrodescendante
Découvrez MansA, la Maison des mondes africains à Paris : un lieu culturel dédié aux voix afrodescendantes, à l’art et au dialogue des cultures.

Le 4 octobre 2025, Paris a inauguré MansA, la Maison des mondes africains, un espace culturel unique dédié à la mise en lumière des créations africaines et afrodescendantes. Installée dans le 10ᵉ arrondissement, cette nouvelle institution veut devenir un lieu de rencontres, de transmission et de création autour des cultures issues du continent africain et de sa diaspora.
Un lieu pour penser autrement les mondes africains
Nichée à deux pas du canal Saint-Martin, MansA s’étend sur près de 800 m² d’espaces modulables : salles d’exposition, ateliers, résidences, librairie et zones de coworking. Le lieu, conçu par l’architecte Meriem Chabani (agence New South), se veut ouvert, flexible et inclusif, à l’image des diasporas qu’il met en valeur.
Son nom n’a rien d’anodin : MansA évoque à la fois le latin mansio (maison) et Mansa Musa, souverain mythique du royaume du Mali au XIVᵉ siècle, symbole de richesse et de rayonnement culturel. L’intention est claire : reconnecter les héritages africains avec les enjeux contemporains des sociétés mondialisées.
Une programmation inaugurale forte : “Noires”
Pour son ouverture, MansA propose une première exposition intitulée “Noires”, imaginée par Roxane Mbanga, jeune artiste et réalisatrice franco-camerounaise.
Cette exposition immersive explore les identités noires pluriels, à travers installations, performances et archives. Elle questionne la place des femmes noires dans la société, l’art et les médias, un thème à la fois intime et politique.
Ce lancement illustre la volonté de MansA de donner la parole aux créateurs afrodescendants, en favorisant la diversité des regards et des pratiques artistiques : arts visuels, littérature, musique, mode, cinéma…
Une promesse présidentielle devenue réalité
Le projet MansA trouve son origine dans une promesse d’Emmanuel Macron, faite lors du Sommet Afrique–France de 2021. L’objectif : créer un lieu de dialogue entre la France, l’Afrique et ses diasporas, au-delà des clichés postcoloniaux.
Mais la mise en œuvre fut longue et complexe : désaccords administratifs, questions budgétaires, recherche de site, et controverses politiques autour de l’emplacement initial prévu à l’Hôtel de la Monnaie.
Finalement, MansA a trouvé un ancrage provisoire dans le 10ᵉ arrondissement, le temps de construire un projet pérenne d’ici 2027.
Depuis mai 2024, MansA dispose d’un statut juridique solide sous forme de Groupement d’Intérêt Public (GIP), réunissant l’État, le ministère de la Culture, l’Institut Français, le Centre Pompidou, Bpifrance et d’autres partenaires institutionnels et privés.
Un espace hybride : culture, innovation et inclusion
MansA ne se limite pas à un centre d’exposition : c’est une plateforme hybride pensée pour soutenir la création afrodescendante sous toutes ses formes.
Ses missions principales :
Donner la parole aux artistes, penseurs et entrepreneurs afrodescendants.
Créer des ponts entre les mondes culturels africains, européens et caribéens.
Soutenir la création contemporaine via des résidences, ateliers et incubateurs.
Favoriser le dialogue interculturel et la transmission auprès du grand public.
L’ambition est aussi économique : MansA souhaite accompagner les industries créatives africaines dans leur développement en France et en Europe, tout en stimulant les collaborations internationales.
Les défis à relever
Malgré l’enthousiasme suscité par son ouverture, la Maison des mondes africains devra relever plusieurs défis :
Assurer sa viabilité financière : le lieu fonctionne encore sous bail précaire et dépend en partie de financements publics limités.
Éviter la récupération politique : MansA doit rester un espace de liberté et de réflexion, pas une vitrine diplomatique.
S’ancrer durablement dans le paysage culturel parisien : l’enjeu sera de fidéliser son public tout en attirant les jeunes générations et les diasporas.
Préserver son identité : entre ouverture universelle et affirmation afrodescendante, l’équilibre reste délicat.
MansA, une maison pour demain
En donnant une place centrale à la parole afrodescendante, MansA représente bien plus qu’un nouveau lieu culturel : c’est un acte politique et symbolique fort.
Son ouverture marque une étape essentielle dans la reconnaissance des héritages africains et de leur rôle dans la construction du monde contemporain.
Si le pari est tenu, MansA pourrait devenir un modèle international, un carrefour entre mémoire, art et innovation.
Un lieu où les mondes africains ne sont plus regardés de l’extérieur, mais racontés par ceux qui les vivent et les inventent.