Insight
Le COMESA lance un système de paiements numériques pour révolutionner le commerce intra-africain
Le COMESA lance une plateforme de paiements numériques permettant des transactions transfrontalières en monnaies locales. Une avancée majeure pour le commerce intra-africain, l’inclusion financière et la souveraineté économique du continent.

Le COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) a franchi une étape majeure vers l’intégration économique du continent. En lançant une plateforme régionale de paiements numériques, l’organisation entend simplifier les transactions transfrontalières et renforcer le commerce entre ses 21 États membres.
Une avancée stratégique qui pourrait transformer durablement le visage du commerce intra-africain.
Qu’est-ce que le COMESA ?
Créé en 1994, le COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) regroupe 21 pays, de l’Égypte au Zimbabwe. Sa mission : favoriser le commerce régional, harmoniser les politiques économiques et encourager la coopération financière et technologique entre États membres. Mais jusqu’ici, les paiements transfrontaliers restaient un obstacle majeur au développement du commerce intra-africain.
Un système de paiements numériques pour fluidifier les échanges
Le nouveau dispositif, baptisé Digital Retail Payments Platform, permettra aux entreprises et particuliers d’effectuer des paiements directement dans leurs monnaies locales, sans passer par des devises étrangères comme le dollar américain.
Une innovation qui pourrait :
réduire considérablement les coûts de transaction
accélérer les délais de paiement
et sécuriser les échanges commerciaux entre les pays de la région
Les premiers tests auront lieu entre la Zambie et le Malawi, avant un déploiement progressif à l’ensemble des États membres du COMESA.
Pourquoi cette innovation est une avancée stratégique pour l’Afrique
Le commerce intra-africain ne représente aujourd’hui que 15 % des échanges totaux du continent, contre 60 % en Europe. L’un des principaux freins ? Les systèmes de paiement fragmentés et la dépendance aux devises internationales.
Grâce à la nouvelle plateforme du COMESA :
Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), qui constituent 80 % de l’économie régionale – pourront commercer plus facilement à travers les frontières.
Les frais de transaction seront plafonnés à moins de 3 %, rendant les échanges plus compétitifs.
Les paiements numériques favoriseront l’inclusion financière et la souveraineté monétaire.
Un pas vers l’autonomie monétaire et la souveraineté économique
Au-delà de la simplification des paiements, cette initiative s’inscrit dans une vision panafricaine portée par le président kényan William Ruto, actuel dirigeant du COMESA. Il appelle à renforcer la coopération institutionnelle et à soutenir les banques régionales africaines, comme la Trade & Development Bank (TDB) et l’Afreximbank, pour consolider un écosystème financier plus résilient.
Cette démarche s’aligne également sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à créer un marché unique pour les biens et services sur tout le continent.
Défis à relever pour un succès durable
Malgré son potentiel, la mise en œuvre de la plateforme devra surmonter plusieurs défis :
Interopérabilité technologique entre les systèmes bancaires des 21 pays.
Cybersécurité et confiance des utilisateurs, essentielles à l’adoption du système.
Volatilité des monnaies locales, qui pourrait compliquer la stabilité des paiements.
Formation et sensibilisation des commerçants, PME et institutions financières.
Une étape clé vers un marché africain unifié
Avec ce système de paiements numériques, le COMESA pose les bases d’une intégration économique africaine concrète. En facilitant les transactions et en réduisant les coûts, il ouvre la voie à :
une croissance régionale plus inclusive
une réduction de la dépendance au dollar
et une circulation fluide des biens, services et capitaux entre pays africains
Si l’initiative réussit, elle pourrait devenir un modèle pour d’autres blocs économiques africains, et contribuer activement à l’ambition d’une Afrique unie, connectée et économiquement souveraine.