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Lagos face à la marée de plastique : entre interdiction et réalités du terrain
Lagos fait face à une crise majeure de pollution plastique : interdiction des plastiques à usage unique, recyclage informel et enjeux globaux s’entremêlent dans cette mégapole nigériane.

Lagos, mégapole nigériane de plus de 20 millions d’habitants, est devenue l’un des épicentres mondiaux de la pollution plastique. Chaque jour, la ville génère près de 13 000 tonnes de déchets, dont plus de 2 500 tonnes de plastiques. Une menace pour l’environnement, la santé publique et l’avenir de ses habitants.
Une interdiction encore fragile
Depuis le 1er juillet 2025, l’État de Lagos a interdit l’usage des plastiques à usage unique, barquettes en polystyrène, pailles, couverts jetables. Une mesure ambitieuse, mais dont l’application reste pour l’instant très limitée. Dans les marchés et les rues, ces plastiques continuent de circuler. Beaucoup de commerçants affirment ne pas disposer d’alternatives abordables, tandis que les contrôles restent sporadiques.
Changer les comportements, une urgence
Pour Omoh Alokwe, co-fondateur de Street Waste Company, la clé réside dans l’éducation et la responsabilisation.
En l’absence de systèmes de collecte efficaces, les plastiques envahissent les canaux, obstruent les égouts et aggravent les inondations récurrentes. Les plages de Lagos, jadis touristiques, se couvrent désormais de déchets.
L’économie informelle du recyclage
Face à l’ampleur du problème, certains habitants trouvent dans le recyclage un moyen de survie. Dans le quartier d’Obalende, des femmes passent leurs journées à gratter les étiquettes des bouteilles, séparer les bouchons et trier le plastique, qu’elles revendent ensuite. Un travail éreintant, rémunéré à peine 5 000 nairas par jour (environ 3 dollars). Si ces initiatives soulagent partiellement l’environnement, elles restent insuffisantes pour endiguer la marée plastique.
Un défi local aux dimensions mondiales
Le combat de Lagos s’inscrit dans une lutte planétaire. À Genève, des négociations sont en cours pour établir un traité international contre la pollution plastique. Le Nigeria y participe activement. Mais la route est semée d’embûches : l’industrie du plastique reste intimement liée à celle du pétrole, ressource stratégique pour de nombreux pays producteurs.
Un futur encore incertain
Lagos illustre la complexité d’une transition écologique dans les grandes métropoles africaines. L’interdiction des plastiques à usage unique est un premier pas, mais son efficacité dépendra de plusieurs facteurs :
la mise en place d’alternatives accessibles
une éducation de masse au tri
une implication accrue des producteurs
un soutien international coordonné
Sans cela, la ville risque de voir ses infrastructures, son environnement et la santé de ses habitants gravement compromis par une pollution hors de contrôle.