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Kenya : quand le vinyle renait et promet un marché à 3,4 milliards de dollars d’ici 2032
Le marché mondial du vinyle connaît un essor remarquable : au Kenya comme ailleurs, passionnés et collectionneurs contribuent à une croissance estimée à 3,4 milliards de dollars d’ici 2032.

Le vinyle n’a jamais totalement disparu. Après avoir été éclipsé par les cassettes, les CD puis par le streaming, il connaît aujourd’hui un retour en force qui dépasse la simple nostalgie. Selon le cabinet Research and Markets, le marché mondial des vinyles, évalué à 1,8 milliard de dollars en 2023, pourrait atteindre 3,4 milliards de dollars d’ici 2032, porté par une croissance annuelle moyenne de 7,32 %.
Nairobi, au cœur d’une passion intacte
Au Kenya, ce renouveau a un visage : James « Jimmy » Rugami, figure incontournable du marché Kenyatta à Nairobi. Depuis plus de trente ans, il tient son magasin de vinyles, refusant de céder aux sirènes des cassettes et des CD.
Dans sa boutique, les étagères débordent de 33-tours et de raretés africaines que collectionneurs et mélomanes recherchent avec ferveur. Ses vinyles sont bien plus que des supports sonores : ils incarnent une mémoire musicale précieuse, un patrimoine qui résiste au temps et aux modes.
Pourquoi le vinyle séduit encore
Ce regain d’intérêt s’explique par plusieurs facteurs :
l’authenticité sonore, que ne reproduisent ni les plateformes numériques ni les formats compressés ;
l’objet tangible, avec ses grandes pochettes et ses éditions limitées, devenues de véritables œuvres à collectionner ;
la quête d’expériences sensorielles, dans un monde dominé par le streaming et l’immatériel.
En Europe comme en Afrique, ce retour aux sources séduit une nouvelle génération qui n’a pas connu le vinyle à son apogée, mais qui en redécouvre la richesse artistique et culturelle.
Un marché mondial en pleine expansion
Si les passionnés comme Jimmy Rugami préservent ce patrimoine en Afrique de l’Est, le phénomène est global. Les maisons de disques multiplient les rééditions, les artistes sortent des vinyles collectors, et les innovations technologiques facilitent la distribution.
Les perspectives de croissance sont portées par une demande internationale croissante, qui mêle collectionneurs avertis et nouveaux amateurs. Le vinyle est ainsi devenu un marché de niche… mais un marché lucratif.
Un pont entre mémoire et modernité
Le succès du vinyle va bien au-delà du simple effet rétro. Il traduit un besoin profond de renouer avec des expériences musicales plus humaines, plus sensorielles. Dans un monde saturé de musique dématérialisée, le vinyle apparaît comme une alternative durable et chargée d’histoire.
À Nairobi, la boutique de Jimmy Rugami témoigne de cette renaissance : un lieu où chaque disque raconte un morceau d’histoire africaine et où la passion se transmet, face à la déferlante numérique.
👉 Le vinyle, hier considéré comme un vestige, s’impose aujourd’hui comme un symbole de résistance culturelle et un marché d’avenir.