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Hydrogène vert : le Kenya accélère sa stratégie de production à grande échelle
Le Kenya lance une stratégie ambitieuse de production d’hydrogène vert à grande échelle, misant sur la géothermie, le solaire et l’éolien pour devenir un acteur clé de la transition énergétique en Afrique.

Le Kenya confirme son ambition de devenir un acteur majeur de l’hydrogène vert en Afrique. En misant sur une production à grande échelle, le pays entend capitaliser sur son important potentiel en énergies renouvelables pour se positionner sur un marché mondial en pleine expansion.
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique claire : faire de l’énergie propre un levier de croissance économique, d’industrialisation et d’exportation.
Pourquoi le Kenya investit dans l’hydrogène vert ?
L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau, un procédé qui utilise de l’électricité issue de sources renouvelables comme la géothermie, le solaire ou l’éolien. Contrairement à l’hydrogène gris, il ne génère pas d’émissions de CO₂ lors de sa production.
Le Kenya dispose d’un avantage stratégique majeur : son mix énergétique est déjà largement dominé par les énergies renouvelables, notamment la géothermie, dont le pays est l’un des leaders africains. Cette base énergétique propre offre des conditions favorables pour développer une filière hydrogène compétitive et durable.
Une usine d’hydrogène vert près du port de Mombasa
Le projet prévoit la construction d’une unité de production d’hydrogène vert à proximité du port de Mombasa. Ce choix n’est pas anodin. Il permet à la fois de faciliter l’accès à l’eau nécessaire à l’électrolyse et de simplifier les opérations d’exportation vers les marchés internationaux.
L’ambition est claire : positionner le Kenya comme fournisseur d’hydrogène vert et de dérivés comme l’ammoniac vert, notamment à destination de l’Europe et de l’Asie, où la demande en énergie décarbonée progresse rapidement.
Une feuille de route nationale jusqu’en 2032
Le développement de l’hydrogène vert s’inscrit dans une stratégie nationale structurée sur deux phases.
La première étape prévoit l’allocation d’environ 150 MW d’électricité renouvelable à la production d’hydrogène, avec une capacité d’électrolyse estimée à près de 100 MW. Cette phase doit permettre de poser les bases industrielles et techniques de la filière.
La seconde phase, prévue jusqu’en 2032, vise une montée en puissance significative des capacités afin de répondre à la demande croissante et de consolider la place du Kenya sur le marché international de l’hydrogène.
Des projets pilotes autour de la géothermie
La région d’Olkaria, connue pour son potentiel géothermique, pourrait accueillir des projets pilotes. Un premier démonstrateur envisagerait une capacité initiale de 5 MW, avec des perspectives d’extension pouvant atteindre 100 MW.
Des partenariats internationaux sont également à l’étude afin de développer des installations industrielles de plus grande envergure, notamment dans la zone d’Olkaria-Naivasha.
Un levier de croissance économique et industrielle
Au-delà de l’enjeu climatique, l’hydrogène vert représente une opportunité économique stratégique pour le Kenya. Le développement de cette filière pourrait stimuler la création d’emplois qualifiés, attirer des investissements étrangers et renforcer les infrastructures énergétiques nationales.
En diversifiant ses sources de revenus et en se positionnant sur un marché d’avenir, le pays cherche à accélérer son industrialisation tout en respectant ses engagements en matière de transition énergétique.
Quels défis pour la production d’hydrogène vert au Kenya ?
Malgré son potentiel, le projet devra relever plusieurs défis. Le financement des infrastructures, la sécurisation des investissements, le développement de compétences locales spécialisées et la gestion durable des ressources en eau seront des éléments déterminants.
Le succès de la stratégie kényane dépendra également de la compétitivité des coûts de production face aux autres pays producteurs et de l’évolution de la demande mondiale.
Le Kenya, futur hub africain de l’hydrogène vert ?
En combinant ressources renouvelables abondantes, vision stratégique et position géographique favorable, le Kenya affiche une ambition forte : devenir un pôle africain de production d’hydrogène vert à grande échelle.
Si les différentes phases du projet se concrétisent, le pays pourrait jouer un rôle clé dans la transition énergétique régionale et mondiale. Les prochaines années seront décisives pour transformer cette ambition en réalité industrielle durable.