Insight
Coopération Nord/Sud : réinventer les partenariats en dehors des grands organismes internationaux
Face aux limites des grands organismes internationaux, une nouvelle coopération Nord/Sud émerge : plus directe, plus locale et portée par des acteurs innovants, des diasporas engagées et des partenariats transcontinentaux agiles. Afronex accompagne et cherche à mettre en avant ces nouvelles initiatives souvent plus efficaces.

Pendant des décennies, la coopération internationale entre pays du Nord et du Sud a été largement orchestrée par de grandes institutions multilatérales : ONU, Banque mondiale, FMI, agences de coopération bilatérale. Ces acteurs ont joué un rôle clé dans la reconstruction, le développement et la réduction de la pauvreté. Pourtant, face aux défis actuels (urgence climatique, fracture numérique, inégalités économiques persistantes) ces modèles centralisés montrent leurs limites.
Aujourd’hui, une nouvelle génération de partenariats émerge, plus agiles, plus horizontaux et souvent plus proches des réalités locales.
Les limites des grands organismes traditionnels
Les institutions internationales souffrent souvent de lourdeurs administratives, de délais de décision longs et d’une approche descendante qui ne reflète pas toujours les besoins du terrain.
Exemple : Lors de la pandémie de COVID-19, les délais de distribution des aides via certaines agences onusiennes ont parfois dépassé 8 à 12 mois, alors que des ONG locales comme Amref Health Africa avaient déjà mis en place des campagnes de sensibilisation et de vaccination en quelques semaines.
L’émergence de nouvelles voies
En marge de ces acteurs historiques, d’autres modèles de coopération se développent :
1. Les partenariats Sud-Sud
Les échanges entre pays du Sud — notamment entre l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie — connaissent un essor.
- Exemple : Le Brésil et le Mozambique collaborent depuis 2010 sur un programme de transfert de technologies agricoles pour améliorer la productivité du manioc, culture clé pour la sécurité alimentaire.
- Exemple : L’Inde a financé des parcs solaires au Rwanda et au Kenya, en y associant des entreprises locales pour la maintenance et la formation technique.
2. Les coalitions thématiques et sectorielles
Des réseaux spécialisés rassemblent ONG, start-ups, collectivités locales et chercheurs pour développer des solutions ciblées.
- Exemple : Le Global Off-Grid Solar Forum fédère des acteurs africains et européens autour de l’accès à l’énergie solaire hors réseau, avec des projets pilotes menés directement par des coopératives rurales.
- Exemple : L'association OVO - Belgique accompagne des entrepreneurs du Sud, les met en relation avec des entreprises et des investisseurs belges qui soutiennent ces projets par leur expertise et leurs ressources.
3. Le rôle croissant de la diaspora
Les diasporas, notamment afrodescendantes, investissent directement dans des projets locaux.
- Exemple : La plateforme Africangels met en relation des investisseurs de la diaspora avec des start-ups africaines, permettant à des entreprises comme Weebi (logiciel de gestion sénégalais) de se développer sans dépendre de financements institutionnels.
- Exemple : L'association Ex-Change-Expertise a pour objet la mobilisation et l’envoi d’experts bénévoles dans les pays d’Afrique francophone aux fins d’y réaliser des missions ponctuelles de conseil au profit d’entreprises locales qui en font la demande
4. Les plateformes numériques collaboratives
Des outils en ligne permettent de financer directement des initiatives communautaires.
- Exemple : Thundafund en Afrique du Sud ou Kiva à l’international permettent à des porteurs de projets au Ghana, en Ouganda ou au Cameroun de lever des fonds directement auprès de particuliers dans le monde entier.
- Exemple : Afronex la plateforme de mise en relation des professionnels du Sud et du Nord. Elle connecte le monde avec les projets ACP (Afrique - Caraïbes - Pacifique).
Avantages de ces nouvelles approches
- Plus de proximité avec les bénéficiaires finaux.
- Des délais réduits entre la conception et la mise en œuvre.
- Une plus grande diversité d’acteurs impliqués (entreprises, collectivités, universités, citoyens).
- Une meilleure résilience face aux aléas économiques et politiques.
Vers un nouvel équilibre
La coopération Nord/Sud ne disparaît pas : elle se transforme. Les grands organismes conservent un rôle structurant, notamment en matière de coordination et de financement à grande échelle. Mais la vitalité actuelle vient des initiatives hybrides, co-construites, où la parole des acteurs locaux et des diasporas compte autant que celle des bailleurs traditionnels.
Pour les Afrodescendants et les communautés du Sud, cette recomposition offre une opportunité unique : prendre la place qui leur revient dans la gouvernance et la conception des projets, afin que la coopération internationale devienne enfin un levier d’autonomie, et non une source de dépendance.
En résumé : La coopération internationale du futur se construira moins dans les salles de conférence et plus dans les laboratoires d’innovation sociale, les réseaux de la diaspora et les plateformes numériques. C’est dans cette hybridation que se trouvent les solutions durables aux défis mondiaux.
Et vous, quelle est votre expérience sur la nouvelle coopération?
Team International - Afronex