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Côte d’Ivoire : l’irrigation, clé de l’autosuffisance en riz d’ici 2026
En Côte d’Ivoire, l’irrigation devient la clé de l’autosuffisance en riz d’ici 2026. Découvrez comment le pays modernise sa riziculture pour nourrir sa population.

Un objectif national ambitieux
En Côte d’Ivoire, le riz est bien plus qu’un simple aliment : c’est une question de souveraineté nationale. Chaque année, le pays importe encore près d’un million et demi de tonnes pour répondre à la demande croissante. Or, dans un contexte de pression démographique et de changement climatique, cette dépendance devient un enjeu stratégique.
D’ici 2026, le gouvernement s’est fixé un cap clair : produire localement tout le riz consommé dans le pays. Et pour y parvenir, un mot d’ordre s’impose : l’irrigation.
Les limites d’une riziculture dépendante de la pluie
Depuis plusieurs années, la riziculture ivoirienne repose essentiellement sur les pluies saisonnières. Mais cette méthode, soumise aux aléas climatiques, ne suffit plus. Les sécheresses plus longues, les saisons de pluies irrégulières et les sols parfois épuisés limitent les rendements.
L’irrigation, en revanche, offre la possibilité de maîtriser les cycles de culture, d’assurer plusieurs récoltes par an et de sécuriser les revenus des producteurs. Elle représente aujourd’hui bien plus qu’une solution technique : c’est le passage obligé vers l’autosuffisance alimentaire.
Une stratégie nationale structurée autour de l’irrigation
Pour accompagner cette transition, la Côte d’Ivoire a lancé plusieurs programmes d’envergure. La Stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR), mise en place dès 2012, a posé les bases d’une filière structurée et modernisée.
Dans la foulée, l’Agence pour le développement de la filière riz (ADERIZ) a vu le jour pour coordonner les projets d’aménagement et soutenir les producteurs. L’État mise désormais sur une approche intégrée : développement d’infrastructures d’irrigation, formation technique, distribution de semences améliorées et modernisation des équipements.
Des résultats encourageants sur le terrain
Dans certaines zones rizicoles, les résultats sont déjà tangibles. Là où les canaux d’irrigation et les pompes solaires ont été installés, les rendements ont doublé, parfois triplé.
Des vallées naguère tributaires des caprices de la pluie connaissent aujourd’hui des récoltes régulières, et les producteurs peuvent planifier leurs campagnes. Cette stabilité change tout : elle renforce la sécurité alimentaire, stimule les économies locales et attire de nouveaux investisseurs.
Des défis à relever avant 2026
Le chemin vers l’autosuffisance n’est pas sans obstacles. Le coût des infrastructures reste élevé pour de nombreux petits exploitants. Les formations techniques manquent encore dans certaines régions, tout comme l’accès au financement. La question foncière, souvent complexe, freine parfois les aménagements collectifs. Et au-delà des considérations économiques, se pose aussi celle de la gestion durable de l’eau : comment irriguer davantage sans fragiliser les ressources disponibles ?
Vers une riziculture moderne et durable
Pour que la révolution rizicole ivoirienne soit durable, il faudra conjuguer efficacité et responsabilité. Développer l’irrigation, oui, mais aussi moderniser la transformation locale, renforcer la logistique, encourager la consommation du riz ivoirien et préserver les écosystèmes. C’est à ce prix que la Côte d’Ivoire pourra devenir non seulement autosuffisante, mais aussi un acteur régional majeur du riz en Afrique de l’Ouest.
L’irrigation, moteur de la souveraineté alimentaire
L’irrigation n’est pas une fin en soi : c’est le fil conducteur d’une nouvelle politique agricole fondée sur l’innovation, la planification et la résilience. En maîtrisant l’eau, la Côte d’Ivoire prend en main son avenir.