Insight
Belgacem Haba, l’inventeur algérien aux 1 600 brevets
Belgacem Haba, inventeur algérien de génie, détient plus de 1 600 brevets et a marqué l’histoire des technologies mobiles tout en investissant dans la formation en Algérie.

Peu de noms circulent autant dans le monde des brevets et de l’innovation que celui de Belgacem Haba. Né en 1957 à El M’Ghair, dans le sud de l’Algérie, ce chercheur discret est devenu l’un des inventeurs les plus prolifiques au monde, avec plus de 1 600 brevets déposés. Son parcours force l’admiration : d’un petit village algérien à l’Université de Stanford, jusqu’aux plus grandes entreprises technologiques mondiales.
Des débuts modestes, une soif de savoir
Tout commence dans une Algérie en pleine mutation. Après son baccalauréat obtenu en 1974, Belgacem Haba poursuit ses études de physique à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), à Alger. Curieux et passionné, il décroche un diplôme d’études approfondies en 1980, avant de s’envoler pour les États-Unis grâce à une bourse.
À Stanford, l’une des universités les plus prestigieuses au monde, il se spécialise en physique appliquée et science des matériaux. Il y obtient un doctorat en énergie solaire, qui sera la porte d’entrée vers une carrière scientifique internationale.
Une carrière technologique mondiale
Dès ses débuts chez IBM, Belgacem Haba se distingue en travaillant sur l’application des rayons lasers à la microélectronique. Il enseignera ensuite brièvement en Algérie avant de repartir au Japon, où il passera six années à perfectionner ses recherches.
Mais c’est aux États-Unis que son influence sera la plus marquante. En 1996, il rejoint Tessera Technologies (aujourd’hui Xperi), où il développe des procédés de miniaturisation pour téléphones mobiles. Ses innovations sont désormais présentes dans presque tous les téléphones vendus dans le monde.
Il fonde par la suite SiliconPipe, rachetée par Samsung, et intègre Rambus, où il contribue à intégrer ses technologies dans les puces mémoire, les caméras de smartphones et même dans la PlayStation 2 et 3. Un parcours impressionnant, jalonné de succès et d’innovations devenues incontournables.
Le génie des brevets
Derrière cette carrière se cache une créativité sans limites. Chaque invention de Belgacem Haba engendre plusieurs applications industrielles, ce qui explique l’ampleur de son portefeuille : plus de 1 600 brevets et demandes de brevets recensés dans le monde. Une productivité qui lui vaut d’être classé parmi les 100 inventeurs les plus productifs au monde à plusieurs reprises.
Un engagement pour l’Algérie
Malgré son succès international, Belgacem Haba n’a jamais coupé le lien avec son pays d’origine. En août 2022, il fonde le Numidia Institute of Technology à Rahmania, près d’Alger. L’établissement forme les nouvelles générations aux disciplines de demain : intelligence artificielle, cybersécurité, systèmes autonomes et cloud computing. Son ambition : doter l’Algérie d’une jeunesse innovante, capable de s’imposer dans la révolution numérique mondiale.
Il est aussi à l’origine de plusieurs initiatives de soutien à l’innovation algérienne, comme la Fondation algéro-américaine pour la culture, l’éducation, la science et la technologie (AAF-CEST) ou l’Algerian Start Up Initiative (ASI).
Distinctions et reconnaissance
Son génie a été largement salué à l’international :
Meilleur inventeur chez NEC (Japon) en 1992,
Lauréat du prix d’inventeur chez Tessera (États-Unis) à plusieurs reprises,
Récompensé par l’Arab Scholar Award en 2007,
Décoré en 2021 de la médaille de l’Ordre du mérite national au rang d’Achir par le président algérien.
Une inspiration pour l’avenir
Le parcours de Belgacem Haba illustre la puissance du savoir, de la curiosité et de la persévérance. Parti d’un village du Sahara, il est devenu une référence mondiale dans les hautes technologies, tout en investissant aujourd’hui dans l’avenir de la jeunesse algérienne.
Un message fort : l’innovation n’a pas de frontières, et l’excellence peut naître partout, dès lors qu’elle est nourrie par la passion et le travail.